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Notre grand-oncle Edouard POHIER, ce soldat inconnu

Edouard POHIER - Bournonville

Descendances de Louis Jean-Baptiste POHIER et Marie Céline SAINT-MAXENT

Edouard, né le le 28 Septembre 1892 à Bournonville, était donc l’oncle d’André POHIER, mon grand-père. André, qui n’a pas connu son père  Jean-Baptiste POHIER , n’aura donc très certainement pas connu également son oncle Edouard, lui aussi tombé pour la France au combat durant la Grande Guerre.

Même si on ne saura jamais rien de la vie de cet oncle, du peu de choses qu’il nous en reste, il faut en être fier. Car comme tous ceux qui ont été appelés pour repousser l’envahisseur, il n’a guère eu le choix que de rejoindre les rangs armés desquels plus de 1,6 millions d’entre eux n’en reviendront jamais, faisant également + de 4 millions de blessés, uniquement pour la France.

Edouard a donc fait partie de cette triste hécatombe. Il n’aura pas eu le temps de se marier que déjà, à l’âge de 22 ans, il fut appelé sous les ordres pour engager les premiers combats contre l’Allemagne le 2 Août 1914 au sein de son Régiment d’Infanterie, le 8ème R.I. de St-Omer.

Malheureusement, point de photo identifiée d’Edouard, si ce n’est la description physique qui en est faite sur  sa fiche militaire retrouvée dans les archives de guerre : cheveux noirs, yeux gris, front haut, nez moyen, visage ovale pour une taille de 1m58. Comme il y est indiqué également, son degré d’instruction est noté « 3 », c’est à dire qu’il savait lire et écrire.
Où on y apprend également qu’en 1913, il résidait à Wirwignes, très certainement chez son père Jean-Baptiste et qu’il était alors ouvrier d’usine. Toutefois, le recensement de 1911 à Wirwignes ne fait pas apparaître Edouard dans la liste des logés sous le toit de ses parents (cela arrivait fréquemment qu’un enfant soit inscrit dans une autre famille, notamment lorsqu’il travaillait dans une ferme alentours pour le compte d’un propriétaire et qu’il y résidait). D’autres recherches viendront peut-être apporter quelques réponses quant à son métier d’ouvrier d’usine (comme quasiment tous les Pohier à cette époque dans cette région de Desvres, il se peut que ce soit dans une cimenterie). Ses parents habitaient donc à Wirwignes, dans le hameau dit « L’Eclogne ». Je n’ai pu retrouver l’endroit précis de ce hameau, mais il existait bien puisque quelques livres datant du XIXème siècle relatent son existence. Avis aux chercheurs !!

Sur cette même fiche militaire, il est indiqué que son père Jean-Baptiste s’est vu remettre un secours de 150 francs le 16 Janvier 1919. Ces secours financiers servaient le plus souvent à indemniser les familles nombreuses ou les femmes vivant seules afin de compenser la perte de cette aide qu’apportait le fils à la vie du foyer. Précisons qu’Edouard avaient 10 frères et soeurs !

En effet, Edouard ne reviendra pas de l’enfer. Après avoir rejoint le 84ème Régiment d’Infanterie le 19 Novembre 1915, il intégra quelques semaines plus tard le 148ème Régiment d’Infanterie, le 4 Janvier 1916, par décision du Général Commandant en chef de l’Armée d’Orient. Et c’est donc à la frontière grecque qu’Edouard partit combattre l’ennemi bulgare qui s’était rangé auprès des Allemands.

Extrait de l’historique du 148ème R.I. de Janvier 1916 à fin 1917, réalisé par l’amicale des anciens du 148è R.I.

1916-1917
GUERRES DE TRANCHEES

Dès le début de 1916, le 148e RI. était en Macédoine grecque, construisant des retranchements le long du Vardar ( aile gauche du dispositif assurant la protection du grand port de Salonique).
Le Régiment prit position en montagne fin mars par une température déjà excessive qui fit pas mal de ravages dans ses rangs (dysenterie).
Fin décembre, l’armée nationale grecque vint renforcer nos effectifs sur le Vardar.

Dans les premiers jours de 1917, deux de nos bataillons s’installent sur des positions plus avancées. Ils subissent une attaque bulgare en mars (combat du Mamelon), En mai, nouvelle attaque ennemie facilement stoppée avec la collaboration des Grecs.
Nous passons à l’offensive et prenons le « Dromadaire » Les Grecs de leur côté, se rendent maîtres du « Ravine » poste d’observation important pour les Bulgares. Ceux-ci réagissent avec violence. Le 148e porte secours aux Grecs afin de leur permettre de tenir la position. Le Corps d’Armée décerne au Colonel une belle citation pour cette intervention de soutien.
Fin mai, nos soldats s’emparent de la fameuse tranchée des Taupes, chère aux Bulgares. Pour la reconquérir, ils pratiquèrent des tirs répétés et nourris d’artillerie légère et lourde. Des obus à gaz furent employés contre le 148e, qui essuya des pertes sensibles.
Ce combat valut à la 10e Compagnie une brillante citation de la division avec remise de la Croix de Guerre.
En août, les attaques bulgares devinrent moins violentes, mais la chaleur accablante provoqua fièvre et dysenterie dans les rangs des Français.
Les Bulgares tentèrent de reprendre le «Ravine » La 5e et la 6e Compagnie s’illustrèrent dans cette défense malgré l’épidémie sévissant de plus en plus parmi nos camarades. Trois sections du 148e se virent citer à l’ordre de la division pour leur ténacité et leur courage dans les combats de fin 1917.

De cette épreuve Edouard survivra, pour s’en aller alors rejoindre le 12 Juin 1918 le 299ème Régiment d’Infanterie, régiment qui allait lui être fatal. C’est en effet le 11 Août 1918, à Mareuil-Lamotte dans l’Oise, qu’Edouard tomba sous le feu de l’ennemi, après avoir combattu pendant 4 ans. C’est dans les mémoires écrites retrouvées dans le journal de marche du 5ème bataillon du 299ème R.I. rédigé par le Capitaine Delpech que nous découvrons le détail des combats qui se sont déroulés durant ce 11 et 12 Août, dont voici un extrait.

Edouard POHIER - 299ème Régiment d'Infanterie
Combats du 11 et 12 Août 1918 à Mareuil-Lamotte (60 – Oise)

Mareuil Lamotte 1918 Edouard POHIER

Edouart, mort pour la France, est enterré au cimetière militaire de VIGNEMONT, dans l’Oise. Il a une sépulture individuelle qui se trouve à l’emplacement C, no 164. Si le hasard vous menait un jour vers cet endroit, merci de nous faire part d’une photo de cette sépulture !

Edouart POHIER Nécropole VIGNEMONT
Nécropole Nationale de VIGNEMONT

Le 7 Janvier 2017,  sépulture d’Edouard Louis POHIER prise en photo par Jean-Paul Emonnot.

 

 

 

 

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